Vendre de la lingerie portée est devenu, pour de nombreuses Françaises et Français, une activité complémentaire courante. Mais dès que cette activité dépasse quelques ventes isolées, une question très concrète se pose : faut-il déclarer ces revenus, et si oui, comment ? Après avoir posé le cadre légal général dans notre article « Est-ce légal de vendre des culottes portées en France ? », nous entrons ici dans le détail pratique : le statut de micro-entrepreneur, les seuils applicables en 2026 et les démarches de déclaration auprès de l’URSSAF.
Avertissement : cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Chaque situation (fréquence des ventes, montants, autre activité professionnelle en parallèle) est différente : en cas de doute, rapprochez-vous de l’URSSAF (urssaf.fr) ou d’un professionnel du chiffre (expert-comptable).
Vendre de la lingerie portée est-il un revenu imposable ?
La règle générale posée par l’administration fiscale (économie.gouv.fr) distingue deux situations bien différentes. La vente occasionnelle d’un bien personnel qui vous appartenait déjà, sans intention de renouveler l’opération, n’est en principe ni imposable ni soumise à cotisations sociales : c’est la logique d’un vide-grenier ou d’une annonce isolée sur une plateforme de seconde main. En revanche, dès que la vente devient répétée, organisée et destinée à générer un revenu régulier, elle est regardée comme une activité professionnelle : les sommes perçues doivent alors être déclarées, et l’activité doit en principe être immatriculée.
Activité occasionnelle ou revenus réguliers : où se situe la limite ?
Il n’existe pas de seuil unique et officiel qui ferait automatiquement basculer une vendeuse occasionnelle en « professionnelle ». L’administration retient plutôt un faisceau d’indices : le caractère habituel des ventes, leur fréquence, le fait de produire ou se procurer des pièces spécifiquement pour les vendre, et la recherche d’un revenu régulier plutôt que le simple écoulement d’effets personnels. Un autre élément à connaître : les plateformes en ligne ont désormais l’obligation de transmettre à l’administration fiscale les données des vendeurs ayant réalisé plus de 30 opérations ou plus de 2 000 € de recettes sur une année (dispositif dit « DAC7 »). Ce signalement ne déclenche pas automatiquement un impôt, mais il illustre bien que l’activité régulière de vente de lingerie portée n’échappe pas à la vigilance de l’administration.
Le statut de micro-entrepreneur : la solution la plus simple pour démarrer
Dès que l’activité prend un caractère habituel, la solution la plus adaptée pour la quasi-totalité des vendeuses est le statut de micro-entrepreneur (anciennement « auto-entrepreneur »). Il s’obtient gratuitement en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr, qui attribue un numéro SIRET après quelques jours. Ce statut a l’avantage d’une gestion très simplifiée : pas de comptabilité complexe, des cotisations calculées uniquement sur ce qui est réellement encaissé, et la possibilité d’arrêter l’activité à tout moment sans frais de fermeture.
Quelle catégorie fiscale choisir ?
Ce point mérite une attention particulière, et c’est précisément le genre de question à poser directement à l’URSSAF ou à un expert-comptable lors de l’immatriculation : la vente de lingerie portée s’apparente le plus souvent, en pratique, à une vente de marchandises (régime micro-BIC « vente de biens »), plutôt qu’à une prestation de service, dans la mesure où l’activité consiste à céder un bien. Ce choix de catégorie a un impact direct sur le plafond de chiffre d’affaires autorisé et sur le taux de cotisations applicable, détaillés ci-dessous.
Seuils et taux de cotisations en 2026
Pour l’année 2026, les plafonds annuels de chiffre d’affaires et les taux de cotisations sociales du régime micro-social sont les suivants :
- Vente de marchandises (BIC) : plafond de chiffre d’affaires de 203 100 €, taux de cotisations sociales de 12,30 % du chiffre d’affaires encaissé.
- Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : plafond de 83 600 €, taux de 21,20 %.
- Franchise de TVA : tant que le chiffre d’affaires annuel reste sous 85 000 €, aucune TVA n’est à facturer ni à reverser.
Au-delà de ces plafonds de chiffre d’affaires, le régime micro-entreprise n’est plus applicable et il faut basculer vers un régime réel d’imposition, avec une comptabilité plus complète.
Comment déclarer concrètement son chiffre d’affaires
Une fois immatriculée, la micro-entrepreneure doit déclarer son chiffre d’affaires encaissé — c’est-à-dire les sommes réellement perçues, par exemple via les paiements reçus sur une plateforme comme Sous-mission.com — chaque mois ou chaque trimestre, selon l’option choisie lors de l’inscription, sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr. Les cotisations sociales dues sont calculées automatiquement à partir de ce montant déclaré. Important : la déclaration reste obligatoire même lorsque le chiffre d’affaires du mois ou du trimestre est nul.
Quelques bonnes pratiques facilitent cette gestion au quotidien : tenir un livre des recettes mentionnant la date, le montant et l’origine de chaque vente ; conserver les justificatifs de paiement ; et, au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires sur deux années consécutives, ouvrir un compte bancaire dédié à l’activité (une simple obligation, pas nécessairement un compte professionnel payant).
Que risque-t-on en cas de non-déclaration ?
Ne pas déclarer une activité devenue régulière expose à une requalification en travail dissimulé, avec rappel des cotisations sociales dues, majorations et pénalités de retard. Ce risque n’est plus seulement théorique depuis la généralisation du signalement automatique des revenus de plateformes à l’administration fiscale (DAC7) : les ventes régulières laissent une trace. À l’inverse, la régularisation volontaire auprès de l’URSSAF est toujours la démarche la plus sereine, et elle est généralement bien plus simple et moins coûteuse qu’un contrôle a posteriori.
FAQ
Dois-je déclarer si je n’ai vendu qu’une ou deux pièces une seule fois ?
Dans ce cas, il s’agit en principe d’une vente occasionnelle de biens personnels, qui n’est généralement pas imposable ni soumise à cotisations. Le point de bascule se situe dans la répétition et le caractère habituel de l’activité, pas dans un seuil fixe en euros.
Quel statut choisir pour commencer une activité régulière ?
Le statut de micro-entrepreneur est, pour la grande majorité des situations, le plus simple et le plus adapté pour débuter : immatriculation gratuite, cotisations proportionnelles aux encaissements réels, et aucune comptabilité lourde.
Dois-je facturer la TVA à mes acheteurs ?
Non, tant que le chiffre d’affaires annuel reste sous le seuil de la franchise en base de TVA, fixé à 85 000 € en 2026.
Où trouver une réponse adaptée à ma situation personnelle ?
Cet article expose les règles générales applicables en 2026, mais chaque situation individuelle (fréquence des ventes, cumul avec un emploi salarié, autre activité indépendante) peut avoir des conséquences différentes. Pour une réponse fiable à votre cas précis, contactez l’URSSAF (urssaf.fr) ou un expert-comptable : ce n’est pas un luxe réservé aux grandes entreprises, la plupart proposent des consultations ponctuelles abordables pour les micro-entrepreneurs.
En résumé
Vendre sa lingerie portée de façon occasionnelle reste, dans la grande majorité des cas, hors du champ de la déclaration fiscale. Mais dès que cette activité devient régulière et procure un revenu recherché comme tel, le statut de micro-entrepreneur offre un cadre simple, peu coûteux et sécurisant pour déclarer ses recettes en toute transparence. C’est aussi, pour les vendeuses, la meilleure façon de développer cette activité sur la durée, sans craindre un contrôle. Une fois ce cadre administratif posé, des plateformes françaises dédiées comme Sous-mission.com permettent de vendre dans un cadre pensé pour la discrétion et la sécurité des échanges entre adultes consentants.
